Marguerite Gérard : artiste en 1789 dans l’atelier de Fragonard

«Celui qui n’a pas vécu au dix-huitième siècle avant la Révolution ne connaît pas la douceur de vivre » disait Talleyrand. L’exposition du musée Cognacq Jay en donne une belle illustration. Belle sœur et collaboratrice de Fragonard, originaire de Grasse, Marguerite Gérard a laissé le portrait de tout ce qui comptait à Paris avant la révolution. Fillettes, comédiennes, représentants du Tiers état dans leur costume noir de séance des Etats généraux, peintres, architectes … la mise en scène est souvent la même, un guéridon, un siège, un livre ou quelques roses, mais la vie et la couleur éclatent dans ces petits formats dont beaucoup n’ont jamais été montrés au public.

Le cercle des amis est présent, Boilly, Fragonard, Hubert Robert… seul portrait peint en extérieur, le peintre de la Reine et des fêtes du petit Trianon y déborde d’humanité. Il semble bien peu armé devant les épreuves qui l’attendent pendant la Terreur.

Quelques scènes de genre, un peu ambiguës, sont tout à fait XVIIIe tandis que cet art du portrait, saisi sur le vif, préfigure un peu l’œil photographique du XIXe. Après l’exposition ne pas rater la visite des collections permanentes du musée qui abritent les trésors du XVIIIe siècle assemblés par les fondateurs de La Samaritaine.
Musée Cognacq-Jay (du 10 septembre au 6 décembre 2009)
www.cognacq-jay.paris.fr