Google va se lancer dans la vente de livres en ligne d'ici à la fin de juillet

Le moteur de recherche a annoncé mardi qu'il allait ouvrir sa librairie virtuelle aux Etats-Unis au plus tard en juillet. La plate-forme de Google sera accessible depuis n'importe quel terminal équipé d'un navigateur Internet.

Si, depuis l'arrivée de l'iPad, le monde du livre ne jure plus que par la tablette d'Apple, Google vient se rappeler au bon souvenir des éditeurs.

Lors d'une conférence, mardi à New York, organisée chez Random House, la première maison d'édition américaine, Chris Palma, le directeur des partenariats stratégiques du moteur de recherche, a annoncé le lancement aux Etats-Unis, fin juin ou début juillet, de sa librairie en ligne, Google Editions. Pour la France, « aucun calendrier n'a été arrêté », soulignait hier une porte-parole. Dans son approche du marché, la priorité de Google a été de construire une plate-forme accessible depuis n'importe quel terminal doté d'un navigateur Internet : ordinateur, tablette (y compris l'iPad), liseuse ou « smartphone ». En compétition frontale avec les services proposés par Amazon, qui domine ce marché, Barnes & Nobles ou encore Apple, il aura donc l'avantage de reposer sur un système complètement ouvert. Google Editions ne sera pas réservée qu'aux internautes. Les libraires pourront aussi s'y approvisionner, moyennant une commission.

Pour le géant Internet, parti plus tard que ses rivaux dans la course, tout l'enjeu va être de convaincre les éditeurs d'alimenter sa librairie virtuelle. En novembre 2009, à la Foire du livre de Francfort, la firme californienne avait fait miroiter un démarrage avec « 400.000 à 600.000 oeuvres numérisées ». Hier à Paris, on ne commentait pas ces chiffres. « Google Editions sera alimentée par les éditeurs partenaires qui ont donné un accord préalable », se contentait-on d'indiquer. En d'autres termes, les 12 millions d'ouvrages numérisés par Google au sein des bibliothèques, mais sans autorisation, ne seront pas concernés.
Apple a une longueur d'avance

Pour son nouveau service, le géant entend s'appuyer sur les 30.000 maisons d'édition du monde entier avec lesquelles il a un accord de partenariat. Avec ses limites. En France par exemple, rares sont ceux qui ont accepté de conclure des accords avec un acteur ayant violé le droit d'auteur. Récemment, Arnaud Nourry, PDG d'Hachette Livre, premier éditeur français et numéro deux mondial, espérait néanmoins que des négociations s'engageraient en 2011 avec le moteur de recherche.

Restera ensuite à bâtir un accord. A New York, cette semaine, Chris Palma n'a pas confirmé les orientations qui avaient été esquissées à la Foire de Francfort, tant sur la manière dont le prix de vente des livres sera fixé que sur la clef de répartition entre Google et les ayants droit. A l'époque, il avait évoqué 63 % pour l'éditeur, et 37 % pour lui sur chaque exemplaire vendu à un internaute.

Mais depuis, Apple a fait un geste supplémentaire envers le monde du livre en signant avec cinq des plus grands éditeurs américains - dont Hachette Livre -pour son iPad. L'accord prévoit que l'éditeur fixera les prix et recevra une rémunération équivalant à 70 % du prix de vente, Apple ne gardant « que » 30 %. Le deal est prometteur. Un mois après le lancement de l'iPad, qui s'est déjà écoulé à 1 million d'exemplaires, la firme à la pomme aurait vendu 1,5 million de livres numériques.