Willy Ronis à la Monnaie de Paris

Fils d’un photographe portraitiste parisien, Willy Ronis est mort l’année dernière à 99 ans. Depuis les belles journées du Front populaire, il aura parcouru son temps, protégé par l'appareil photo, enivré par le déclic, son œil magique métamorphosant les bidonvilles en châteaux, les ouvrières en princesses, les vieux joueurs de pétanque en danseurs mondains et les cours de Belleville en jardins enchantés…
La poésie et l’enfance jaillissent de tous ces tirages noirs et blancs accrochés dans les salons du quai Conti. Proche du parti communiste, Ronis révèle la noblesse des petites gens et du monde ouvrier photographié au travail et pendant les grèves. Femmes des filatures, dockers, métallos remplissent les clichés de leurs jeux, de leurs rires, de la difficulté de vivre et de leurs espoirs.

Willy Ronis, qui annotait soigneusement ses agendas, avait choisi les photos de l’exposition. Les dates lui permettent de raconter les anecdotes, les conditions de la photo ou les contraintes du tirage. Beaucoup représentent ses voyages, Hollande, Londres, Allemagne de l’Est, Prague, tellement en harmonie avec son imaginaire, Venise.
La dernière salle rassemble les photos les plus intimes. Il nous présente sa femme, Marie-Anne, du grand Nu provençal, son fils Vincent endormi, Brassaï, l’aîné de 15 ans, qui a si bien photographié Paris, Picasso, Capa, Prévert, encore léger et malicieux… et le chat noir du jardin, gardien des rêves et de toute sagesse.

Willy Ronis, Une poétique de l’engagement
La Monnaie de Paris 11, quai de Conti, 75006 Paris