Les romantiques Russes au musée de la Vie romantique

Avant Pierre le grand et Catherine II, la Russie interdisait la musique et la sculpture, ne connaissait de peinture que les icones et de vie intellectuelle que la théologie. Ces deux monarques font venir à Saint-Pétersbourg des peintres, des architectes, des intellectuels de France ou d’Italie et nous leurs devons l’ouverture au monde du XVIIIe siècle. Après la campagne de Russie, le Tsar Alexandre, un temps l’allié de Napoléon, devient le héros des peuples asservis. Traquant l’empereur vaincu, il rétablit l’ordre dans la vieille Europe et replace sur le trône de France des Bourbons bien peu reconnaissants. Le musée expose deux témoignages de premier ordre pour ces événements : la peinture de l’Entrée des souverains alliés dans Paris et celle du Te deum du 10 avril 1814. Témoin oculaire, la comtesse de Boigne raconte l’effarement des parisiens dans Paris ville ouverte, les terribles cosaques qui vivent à cheval et les excès des royalistes Français. Elle-même, royaliste convaincue, est pourtant gênée par le spectacle des popes célébrant l’Office place de la Concorde.


L’exposition du Musée de la Vie romantique se place d’emblée dans ce tourbillon d’hommes et d’idées avec un très beau portrait de Madame de Staël réalisé en 1812 par Borovikovsky. Le poète Pouchkine, sur l'affiche de l'exposition, et l’évocation de Gogol, illustrent la vie brillante de cette première moitié du XIXe siècle qui établit une relation très forte entre les Russes et le Paris de Balzac, Sand et Chopin.
La plupart des pièces exposées sont issues des collections de la fabuleuse Galerie Tretiakov de Moscou, fondée en 1856 et riche de 130 000 œuvres. Les vedutte de Rome ou Saint Pétersbourg, évoquent une aristocratie voyageuse et raffinée. Quelques aquarelles de Fédor P. Tolstoï représentent les princesses Volkonski, Vorontsov, Galitsine ou Troubetskoy, ainsi que leurs intérieurs aux luxuriants jardins d’hiver. Un art de vivre qui devait enchanter les salons de toute l’Europe et fleurir un siècle, jusqu’à la Révolution d’Octobre…
La Russie romantique russe à l’époque de Gogol et Pouchkine, Musée de la Vie romantique, jusqu’au 16 janvier 2011.